Gr20 Bretagne : itinéraire, étapes et conseils pour réussir votre randonnée
Vous avez entendu parler du « GR20 Bretagne » et vous rêvez déjà de falaises, de criques sauvages et de crêpes bien méritées après l’effort ? Petite précision utile avant de préparer le sac : le GR20 officiel se trouve en Corse. En Bretagne, l’itinéraire emblématique est le GR34, aussi appelé sentier des douaniers. Il longe le littoral breton sur près de 2 000 kilomètres, du mont Saint-Michel jusqu’à Saint-Nazaire.
Le surnom de « GR20 Bretagne » est parfois utilisé pour parler de cette grande randonnée bretonne, réputée exigeante à certains endroits, mais beaucoup plus accessible que son cousin corse sur le plan technique. Ici, pas de passages alpins ni de refuges d’altitude : on marche au rythme des marées, du vent et des paysages. Et croyez-moi, les mollets travaillent tout de même !
Le GR20 Bretagne, ou plutôt le GR34 ?
Le GR34 suit l’ancien chemin emprunté par les douaniers pour surveiller les côtes et lutter contre la contrebande. Aujourd’hui, il permet de découvrir une Bretagne incroyablement variée : baies paisibles, pointes rocheuses, plages de sable fin, ports de caractère et petits villages où l’on ne refuse jamais une bolée de cidre.
L’itinéraire complet traverse les quatre départements côtiers bretons :
- L’Ille-et-Vilaine, autour de Saint-Malo, Cancale et la baie du mont Saint-Michel ;
- Les Côtes-d’Armor, avec la côte de Granit rose, Paimpol et l’île de Bréhat ;
- Le Finistère, le plus sauvage, entre la presqu’île de Crozon, la pointe du Raz et la baie de Douarnenez ;
- Le Morbihan, entre le golfe du Morbihan, la presqu’île de Quiberon et les paysages de Loire-Atlantique à proximité de Saint-Nazaire.
Il n’est évidemment pas nécessaire de parcourir les 2 000 kilomètres en une seule fois. Le grand avantage du GR34 est de pouvoir choisir une portion selon son niveau, son budget et le temps disponible. Pour une première expérience, une semaine sur la côte de Granit rose ou dans le Finistère nord constitue déjà une très belle aventure.
Quel itinéraire choisir pour une première randonnée ?
La Bretagne offre de nombreuses possibilités. Voici trois secteurs particulièrement intéressants pour découvrir l’esprit du « GR20 breton » sans se lancer dans une traversée interminable.
De Saint-Malo à Cancale : une mise en jambes spectaculaire
Cette portion d’environ 25 kilomètres peut se parcourir en une ou deux journées. Le départ depuis Saint-Malo permet de marcher sur les remparts avant de rejoindre les plages et les pointes rocheuses qui bordent la côte.
L’itinéraire passe notamment par la pointe de la Varde et la pointe du Grouin, l’un des plus beaux belvédères de Bretagne. Par temps clair, le regard porte jusqu’au mont Saint-Michel. À Cancale, les amateurs de gastronomie pourront savourer quelques huîtres face à la mer. Difficile de rêver meilleure récompense après plusieurs heures de marche.
Cette étape est relativement accessible, mais il faut rester attentif aux horaires de marée dans certains secteurs. Les paysages sont doux, mais la mer, elle, ne plaisante pas.
La côte de Granit rose : le grand classique breton
Entre Perros-Guirec et Ploumanac’h, le GR34 offre un concentré de Bretagne. Les rochers de granit rose prennent des formes étonnantes, sculptées par le vent et les embruns. On croise une tortue, un lapin ou un château imaginaire selon son humeur et son niveau de fatigue.
Une randonnée de trois à quatre jours permet de découvrir :
- Perros-Guirec et la plage de Trestraou ;
- le sentier des douaniers autour de Ploumanac’h ;
- Trégastel et ses plages bordées de rochers ;
- Trébeurden et l’île Milliau ;
- la baie de Lannion et les petits ports des environs.
Les distances quotidiennes peuvent varier de 12 à 20 kilomètres. Le terrain n’est pas dangereux, mais les enchaînements de montées et de descentes finissent par se faire sentir. Prévoyez de bonnes chaussures et ne sous-estimez pas les derniers kilomètres jusqu’à l’hébergement.
La presqu’île de Crozon : pour les amateurs de paysages sauvages
La presqu’île de Crozon est l’un de mes secteurs favoris. Le GR34 y dessine de grandes boucles entre falaises, landes et plages turquoise. Les pointes de Pen-Hir, des Espagnols et de Dinan offrent des panoramas qui donnent envie de s’arrêter toutes les cinq minutes pour prendre une photo.
Une boucle de quatre à six jours peut être organisée au départ de Crozon, Camaret-sur-Mer ou Morgat. Les étapes sont parfois plus sportives, avec des escaliers naturels, des sentiers irréguliers et des dénivelés répétés. En revanche, les paysages sont exceptionnels, particulièrement au coucher du soleil.
À Camaret, prenez le temps de flâner sur le port et de goûter une spécialité locale. Une crêpe complète, suivie d’une crêpe au caramel au beurre salé, peut parfaitement tenir lieu de stratégie de récupération. Les Bretons ne diront pas le contraire.
Proposition d’itinéraire sur une semaine
Pour vous aider à vous projeter, voici une suggestion de parcours de sept jours sur la côte de Granit rose. Les distances sont indicatives : elles peuvent être adaptées selon les variantes, les détours et les horaires de transport.
- Jour 1 : Perros-Guirec – Ploumanac’h, environ 10 à 12 km. Une première journée courte pour découvrir les rochers roses et prendre ses marques.
- Jour 2 : Ploumanac’h – Trégastel, environ 15 km. Profitez des plages et des panoramas sur les îlots.
- Jour 3 : Trégastel – Trébeurden, environ 18 à 20 km. Une journée plus complète, entre criques et passages boisés.
- Jour 4 : Trébeurden – Lannion, environ 17 km. La côte laisse progressivement place à des paysages plus ruraux.
- Jour 5 : Lannion – Trédrez-Locquémeau, environ 18 à 22 km. Une étape agréable entre estuaire, falaises et plages.
- Jour 6 : Trédrez-Locquémeau – Plestin-les-Grèves, environ 15 km. Une journée idéale pour ralentir et profiter du littoral.
- Jour 7 : Plestin-les-Grèves – Locquirec, environ 15 à 18 km. Une belle arrivée dans une station balnéaire pleine de charme.
Cette proposition ne constitue pas un tracé officiel obligatoire. Les variantes du GR34 sont nombreuses et certains hébergements se trouvent à distance du sentier. Vérifiez donc précisément les cartes et les liaisons avant de réserver vos nuits.
Combien de kilomètres marcher par jour ?
Sur le GR34, une moyenne de 15 à 20 kilomètres par jour convient à la plupart des randonneurs habitués à marcher. Les marcheurs entraînés peuvent atteindre 25 kilomètres, mais la distance ne dit pas tout. Le terrain, le vent, le poids du sac et les pauses influencent beaucoup la durée.
Une journée de 18 kilomètres peut sembler facile sur une carte et devenir plus longue que prévu lorsque les sentiers se succèdent sur des rochers ou des escaliers. Pour une première randonnée itinérante, je conseille de commencer doucement, avec 12 à 15 kilomètres le premier jour. Les vacances sont faites pour découvrir, pas pour battre un record chronométré.
Prévoyez également du temps pour visiter les ports, vous baigner, faire quelques courses et vous asseoir face à la mer. Le GR34 se déguste comme une bonne galette : sans se presser.
Quand partir sur le GR34 ?
La période idéale s’étend généralement de mai à septembre. Les journées sont longues, les températures agréables et les hébergements ouverts. J’ai toutefois un faible pour le mois de juin, lorsque les paysages sont fleuris et que la fréquentation reste raisonnable.
Juillet et août offrent les meilleures chances de beau temps, mais les secteurs célèbres peuvent être très fréquentés. Les logements affichent aussi rapidement complet, notamment autour de Saint-Malo, Perros-Guirec et Crozon.
Le printemps et l’automne ont beaucoup de charme. La lumière est magnifique et les sentiers plus tranquilles. En contrepartie, les averses sont plus fréquentes et certains commerces ou hébergements peuvent fonctionner avec des horaires réduits.
La Bretagne mérite sa réputation de terre changeante : on peut commencer la journée sous le soleil, déjeuner sous une averse et terminer avec un ciel bleu éclatant. Une veste imperméable légère doit donc rester accessible dans le sac, même lorsque le départ se fait sous un grand ciel bleu.
Équipement indispensable pour marcher sereinement
Le GR34 ne demande pas de matériel d’alpinisme, mais un équipement adapté rend la randonnée beaucoup plus agréable. Voici l’essentiel :
- des chaussures de randonnée déjà portées, avec une bonne adhérence ;
- un sac confortable de 30 à 40 litres pour une randonnée itinérante classique ;
- une veste imperméable et respirante ;
- des vêtements superposables, car le vent peut rapidement rafraîchir l’ambiance ;
- une gourde ou une poche à eau d’au moins 1,5 litre ;
- une protection solaire, des lunettes et un chapeau ;
- une petite trousse de secours avec pansements contre les ampoules ;
- une batterie externe et une carte hors ligne ;
- un sac étanche ou plusieurs pochettes pour protéger les affaires sensibles.
Les bâtons de marche peuvent être utiles dans les descentes et sur les passages rocheux. Pensez aussi à emporter quelques en-cas faciles à transporter : fruits secs, barres céréalières, pain d’épices ou morceaux de kouign-amann, si vous assumez pleinement la version bretonne de la randonnée.
Hébergements et organisation des étapes
Selon les secteurs, vous trouverez des hôtels, chambres d’hôtes, campings, gîtes d’étape et locations saisonnières. Les hébergements ne sont pas toujours directement situés sur le sentier. Il faut parfois marcher quelques kilomètres supplémentaires ou utiliser un bus, un taxi local ou une navette.
Pour limiter le poids du sac, plusieurs solutions sont possibles :
- réserver des hébergements avec transport de bagages ;
- organiser une randonnée en étoile depuis un même logement ;
- voyager léger et laver son linge chaque soir ;
- choisir des campings équipés de mobil-homes ou de tentes aménagées.
Réservez à l’avance en haute saison, surtout pour les petites communes littorales. Avant de confirmer, vérifiez la distance réelle entre l’hébergement et le GR34, la possibilité de dîner sur place et les options de ravitaillement. Un village qui semble proche sur la carte peut se trouver à plusieurs kilomètres du sentier côtier.
Budget à prévoir
Le budget dépend surtout du type d’hébergement choisi. En camping, comptez généralement une dépense réduite, surtout si vous préparez certains repas vous-même. En hôtel ou en chambre d’hôtes, le coût sera plus élevé, mais le petit-déjeuner breton peut être un vrai plaisir après une journée dehors.
Pour maîtriser les dépenses, alternez restaurants et pique-niques. Les boulangeries locales permettent souvent de composer un déjeuner bon marché avec un sandwich, une part de far breton et une boisson. Pensez aussi à utiliser les transports en commun pour rejoindre le départ ou revenir de l’arrivée : plusieurs portions du GR34 sont bien desservies, mais les horaires peuvent être moins fréquents hors saison.
Les règles à respecter sur le sentier
Le GR34 traverse des espaces naturels fragiles. Restez sur le balisage, refermez les barrières, ne cueillez pas les plantes et remportez vos déchets. Sur les falaises, gardez une distance prudente avec le bord, surtout par vent fort ou lorsque vous marchez avec des enfants.
La marée mérite une attention particulière dans les baies et les passages proches de l’estran. Ne vous engagez jamais dans une zone qui pourrait être isolée par la montée des eaux. Consultez les horaires locaux et demandez conseil aux offices de tourisme ou aux habitants.
Enfin, prenez le temps de lever les yeux. Une aigrette dans un marais, un phoque au large, une chapelle cachée derrière les ajoncs ou un vieux gréement dans un port peuvent transformer une simple étape en souvenir durable. C’est peut-être cela, le véritable esprit du « GR20 Bretagne » : avancer, respirer et laisser la côte vous surprendre.

